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Le témoignage de Jehad

Comment survivre sous occupation israélienne ?


 

Le 3 juin, à la maison du diocèse à Raismes, un témoin palestinien, invité par le Secours Catholique, a exposé la situation pénible des Palestiniens dans les territoires occupés, et il a expliqué comment ils s'efforcent de faire face à la situation en développant des projets innovants.

 

Monseigneur Garnier a ouvert la séance en disant : "Je suis Palestinien !" Monseigneur Garnier connaît bien la Palestine pour y être allé de nombreuses fois et il a pu voir par lui-même combien la situation des Palestiniens est injuste et tous les dégâts que cela cause. "La Palestine" a-t-il dit "est la terre que les Palestiniens ont héritée de leurs pères, qui l'ont cultivée pendant des siècles. Les palestiniens et les Israéliens sont condamnés à vivre ensemble et cela ne sera possible que si l'on aboutit à un accord pour une juste partition. Et cela sera profitable non seulement pour les Palestiniens et les Israéliens mais aussi pour le monde entier." Monseigneur Garnier était heureux, à cet égard, de pouvoir annoncer que le Vatican avait décidé de reconnaître la Palestine comme un Etat à part entière.

 

Pour leur rendre la vie impossible…

 

Jehad a ensuite pris la parole pour expliquer comment, effectivement, les Israéliens procédaient pour rendre la vie impossible aux Palestiniens. Il a entre autres donné deux exemples : En prenant le prétexte de la sécurité, les israéliens ont construit un mur entre les territoires Israéliens et Palestiniens mais ce mur n'est pas droit, il fait des zig zag de façon à englober des bonnes terres qu'ils confisquent ainsi aux Palestiniens… Dans les territoires sous contrôle israélien, ils contrôlent aussi l'accès à l'eau en interdisant aux Palestiniens de forer des puits, ils peuvent seulement demander l'autorisation de se connecter au réseau israélien. Mais lorsque les gens du village de Jehad ont voulu faire la jonction, ils se sont aperçu qu'ils devaient raccorder leur tuyau de 12 cm de diamètre à un tuyau Israélien de seulement 2 cm. Et Jehad de dire, avec un sourire amer : "Les Israéliens nous donnent à boire au compte-goutte ! "

 

Une économie sociale et solidaire

 

Pourtant Jehad nous a expliqué comment, même sous occupation, il est possible avec un peu d'imagination et d'organisation de développer une économie sociale et solidaire qui permet aux Palestiniens d'avoir une certaine autonomie : c'est ce qu'a entrepris l'association ADEL, en procédant en trois étapes :

 

  • Initier les agriculteurs palestiniens à la production de produits de qualité, bio et respectueux de l'environnement,
  • associer à ce système de production, un réseau de distribution qui amène les produits frais à la porte du consommateur,
  • et conclure un accord de fidélité avec les consommateurs palestiniens qui s'engagent à continuer d'acheter les produits ADEL même si les prix des produits israéliens baissent.

 

Jehad explique que cet accord est comme un parapluie qui protège les consommateurs et les producteurs des fluctuations des prix du marché, ce qui leur permet de tenir un budget prévisionnel.

 

Un problème pour l'exportation des produits palestiniens

 

Un problème se pose pour l'exportation des produits palestiniens vers l'Europe car les Israéliens y opposent toute une série de tracasseries administratives et envoient vers l'Europe leurs propres produits à bas prix, cultivés sur les territoires qu'ils ont confisqués aux Palestiniens. C'est pourquoi le Secours Catholique participe à un plaidoyer pour un étiquetage transparent, indiquant la provenance israélienne ou palestinienne des produits .

 

Un réseau d'ambassadeurs ADEL

 

Jehad a ensuite expliqué que l'association ADEL avait mis en place tout un réseau d'ambassadeurs ADEL bénévoles dont la mission est de faire connaître, en Europe, la philosophie et les produits ADEL et en retour d'informer ADEL sur les demandes spécifiques de chaque pays.

 

Une communauté solidaire stable

 

Jehad a conclu son exposé en disant que ce concept novateur, qui repose sur une production environnementale de qualité, un réseau de distribution le plus performant possible et un contrat de fidélité avec les consommateurs, crée une communauté solidaire stable qui met tous ses membres à l'abri des vicissitudes de l'économie de marché capitaliste. Il a ajouté qu'il pensait que ce concept pouvait faire tâche d'huile dans toute la société palestinienne et impacter les autres secteurs d'activité, en commençant par exemple, par l'artisanat.

 

 En arabe mais superbement traduit…

 

A la fin de son exposé, Jehad a été très applaudi par un public qui a apprécié son dynamisme et la clarté de son exposé, fait en arabe mais superbement retransmis par le traducteur et la traductrice : Hisham, un franco-égyptien stagiaire au Secours Catholique de Paris qui a aidé nos équipes à préparer la venue de Jehad, et madame Iquioussen, une française qui a passé 7 ans en Egypte et qui est maintenant l'épouse de l'Imam de la mosquée de Raismes. Jehad a remercié catholiques et musulmans de coopérer de cette façon pour aider les Palestiniens à améliorer leur situation...

 

 

Voir les photos  (de Jean-Paul Sculfort)

 

Le défi de la paix (dans le conflit Israélo-palestinien)

 

Article publié par Gérard PIQUE • Publié Vendredi 05 juin 2015 • 1755 visites

Le mot de Mgr Garnier

Le mot de la vice-présidente

L'exposé de Jehad : La situation des Palestiniens et comment ils essaient de s'en sortir

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