Rapport Statistique annuel du Secours Catholique

Qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ? Que nous dit-il ?

 I. Qu’est-ce que c’est ?

Le Rapport Statistique annuel du Secours Catholique donne une image de la pauvreté en France.

Ce rapport a une audience qui dépasse le cadre du Secours Catholique, il est attendu et étudié de près par divers instituts et organismes d’État. Pourquoi ? Parce qu’il est élaboré avec rigueur et objectivité à partir des données récoltées sur le terrain, dans chacune de nos 105 délégations réparties sur tout le territoire national : chaque fois qu’une personne en grande difficulté vient demander de l’aide au Secours Catholique, un dossier personnel est établi qui enregistre les données concrètes et objectives des conditions de vie qui ont amené cette personne à solliciter de l’aide.

Quelle est l’utilité de ces données ?

Ces données sont utiles à deux niveaux :

Au niveau local et immédiat, elles permettent aux bénévoles du Secours Catholique de cerner au plus près les besoins de la personne en difficulté, et ainsi de déterminer, le plus précisément possible, la nature et la quantité d’aide à lui apporter.

Au niveau national et à plus long terme : lorsque ces données sont transmises de façon anonyme par chaque délégation au siège national du Secours Catholique à Paris, celles-ci sont reprises par des spécialistes qui en font une analyse statistique qui permet de donner une image de la pauvreté en France, sous forme de données statistiques, de chiffres, de graphiques, de pourcentages…

Ce rapport est-il compréhensible par tout le monde ?

De même que les médecins, les juristes, les scientifiques, etc. se comprennent entre eux dans un langage qui leur est spécifique et qui est incompréhensible au commun des mortels, de même les données du Rapport Statistique ne sont pas directement abordables par monsieur ou madame tout le monde. C’est pourquoi lorsque ce rapport est publié, chaque délégation qui le reçoit, étudie la meilleure façon d’en transmettre l’essentiel à tous ceux qui sont concernés ou qui s’intéressent au problème de la pauvreté, à commencer bien sûr par les bénévoles du Secours Catholique.

Pour ce faire, la Délégation Nord-Cambrai a choisi, cette année, de réunir tous ceux qui le souhaitaient (partenaires sociaux et associatifs, élus, membes du clergé, journalistes, et bien sûr aussi les différents acteurs du Secours Catholique) dans une grande double salle de la Maison Diocésaine à Raismes, une grande double salle pourtant presque trop petite pour contenir les 78 personnes qui étaient venues (plus nombreuses que celles prévues dans les inscriptions).

Comment s’est déroulée cette présentation ?

Cette présentation du « Rapport Statistique sur l’état de la pauvreté en France » s’est déroulée en deux temps, séparés par une pause « café / gâteau fraternel ».

Dans un premier temps :

  • Introduction par Marie-Noëlle Correau (vice-présidente de la Délégation Nord-Cambrai). (vidéo 1)
  • Présentation des données générales et nationales du Rapport Statistique, par Maxime Kerlidou (animateur à la délégation Nord-Cambrai du Secours Catholique). (vidéo 2)
  • Présentation des données locales de la pauvreté dans notre diocèse, et des actions menées pour y remédier, par Catherine Hage (déléguée de la Délégation Nord-Cambrai du Secours Catholique). (vidéo 3)
  • Présentation d’un premier exemple d’action : un groupe d’analyse et de proposition, par le « groupe des  audacieux ». (vidéo 4)
  • Présentation d’un deuxième exemple : action pour le logement, par Élyane. (vidéo 5)
  • Échanges par groupes, puis mise en commun, sur « Comment réagissez-vous par rapport à tout ce qui vient d’être dit ? » (vidéo 6a) + (vidéo 6b)

Dans un deuxième temps (après la pause « café / gâteau fraternel) 

  • Présentation plus détaillée de la partie du Rapport Statistique traitant plus particulièrement de la situation des migrants, par Émeline (animatrice à la délégation Nord-Cambrai du Secours Catholique). (vidéo 7)
  • Premier témoignage d’un atelier couture pour migrants, par Béatrice et Pierrette (lu par Maxime). (vidéo 8)
  • Deuxième témoignage : le FLE (Français Langue Étrangère), par Brigitte Collier. (vidéo 9)
  • Troisième témoignage : le FLE (Français Langue Étrangère), par Daniel. (vidéo 10)
  • Quatrième témoignage d’un réfugié congolais sur sa lutte contre la pauvreté au Congo par son action sociale et son engagement politique… et comment il continue cette lutte en France comme bénévole au Secours Catholique.
  • Réactions de la salle, et notamment d’un autre réfugié congolais qui explique comment le Congo, deuxième plus grand pays francophone, peut être, en même temps, un des pays les plus riches en ressources naturelles, et en même temps, un des pays où les gens sont parmi les plus pauvres.

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II.  Ce Rapport, que dit-il ?  (vidéo 2 - Maxime)

Ce rapport, établi à partir des données ( origine, emploi, niveau et conditions de vie, logement, impayés, nombre d’enfants, etc.) des quelques 72.000 personnes en grande difficulté venues demander de l’aide au Secours Catholique, fait apparaître que la situation de la pauvreté en France continue d’être préoccupante :

Le revenu médian (celui au-dessus duquel il y a autant de personnes gagnant plus que de personnes en dessous qui gagnent moins) est de 1730€ comparé à 535€ pour l’esemble des personnes qui viennent demander de l’aide au Secours Catholique.

Parmi ces personnes, une personne sur 5 n’a aucune ressource, et 56% sont des femmes, dont 10% sont seules avec enfants.

Les personnes qui viennent demander de l’aide sont de plus en plus jeunes, certains même ont fait des études secondaires et ne trouvent pas d’emploi, d’autres sont des personnes migrantes qui n’ont pas le droit de travailler et qui doivent quand même trouver le moyen de survivre.

Quels sont les besoins que ces personnes expriment en priorité ?

  1. Besoin d’accueil et d’écoute 61%
  2. Alimentation 52%
  3. Factures impayées de loyer, d’eau, d’électricité… 17%

Qui sont les plus fragilisés ?

Les plus fragilisés par la précarité sont les familles monoparentales, où le parent restant est le plus souvent une femme.

Les ménages d’origine étrangère qui représentaient 39,8% des demandeurs d’aide, sont maintenant 61%.

Les enfants sont de plus en plus concernés par la précarité.

Bien que le taux de chômage semble diminuer en France, paradoxalement le nombre de personnes sans emploi augmente car les chiffres du chômage ne tiennent pas compte de ceux qui n’ont pas droit au travail, et qui sont de plus en plus nombreux (ils sont passés de 8% des sans-emplois, à 20%).

Les personnes migrantes dont la situation n’a pas été régularisée sont donc parmi les plus fragiles car non protégées par l’État. C’est pourquoi le Secours Catholique, qui fait, tous les ans, un focus sur un aspect particulier de la précarité, a décidé de le faire, cette année, sur la situation des migrants.

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III. Pourquoi faire un focus sur les migrants ?  (vidéo 7 - Émeline)

  • Parce que beaucoup d’entre eux n’ont aucun droit et aucune protection sociale, et figurent donc parmi les membres les plus fragiles de notre société.
  • Parce qu’ils sont de plus en plus nombreux à venir demander de l’aide au Secours Catholique.
  • Parce que le Secours Catholique français fait partie du réseau international Caritas Internationalis qui mène actuellement une campagne en faveur des migrants : « Partager le chemin », ce qui nous donne une raison supplémentaire de faire le focus de cette année sur l’aide aux migrants.
  • Parce que le problème des migrants divise la classe politique, même à l’intérieur des partis, et qu’il est mis sur le devant de la scène, de façon anxiogène, par les médias.
  • Parce que c’est la vocation du Secours Catholique, d’être pour toute personne en difficulté, quelle que soit son histoire, sa race, sa religion ou son statut social… un havre de réconfort et de soutien, un lieu de fraternité.

Qu’est-ce au juste qu’un « migrant » ?

On leur donne les noms les plus divers : clandestins - demandeurs d’asile - étrangers en situation irrégulière - migrants -  exilés - émigrés - immigrés - réfugiés politiques - sans papiers - naturalisés…

Sous chacun de ces termes, que beaucoup de Français confondent, se cache pourtant un statut différent et il n’est pas rare que la même personne passe de l’un à l’autre.

Pour y voir clair et en simplifiant un peu, on peut dire qu’il y a trois grandes catégories de migrants :

  1. Ceux dont la situation est régularisée et stable, comparable à celle des Français de la même catégorie sociale. Ils ont les mêmes droits et les mêmes protections sociales. (42%)
  2. Les demandeurs d’asile en attente de réponse des autorités administratives. Ils ont droit à une certaine protection sociale mais ils n’ont pas le droit au travail, et donc n’ont pas de ressource. (37%)
  3. Ceux qui ont été déboutés de leur demande de statut de réfugié politique ou d’un simple titre de séjour. Ils n’ont aucun droit et aucune protection sociale. (21%)

En France 1/3 des demandes sont acceptées, contre 50% dans les autres pays de l'Union Européenne…

Quelle est la proportion des migrants parmi les personnes accueillies dans les délégations du Secours Catholique ?

20% en 2000  ;  30% en 2010  ;  43,6% en 2018.

Cette augmentation n’est pas entièrement liée à une augmentation du flux migratoire, elle est aussi liée au durcissement des politiques publiques.

Quelle aide le Secours Catholique peut-il apporter aux migrants ?

Le Secours Catholique ne donne pas une priorité aux migrants, il accueille indifféremment toute personne dans le besoin qui vient demander de l’aide.

Toutefois il s’efforce de répondre aux besoins spécifiques des migrants :

  • Information
  • Aide à l’orientation (scolaire, professionnelle)
  • Alphabétisation
  • Français langue étrangère
  • Plaidoyer (auprès des autorités politiques, administratives, judiciaires)
  • Accès aux droits
  • Aide d’urgence
  • Ateliers (couture, cuisine et autres…)
  • Action internationale

Pour terminer ce Focus sur les migrants, voici, tel quel, le témoignage d’un atelier couture pour migrants, par Béatrice et Pierrette (lu sur la vidéo par Maxime). (vidéo 8)

"L’atelier couture nous permet de faire des rencontres amicales et détendues où règnent l’entraide et la rigolade. Nous sommes toutes les trois admiratives devant leur ténacité et leur volonté malgré leurs difficultés passées et actuelles. Elles nous permettent de relativiser nos propres problèmes. Quand on se décourage, penser à elle nous fait redémarrer.

Les « migrants », ce terme n’a pas de visage, c’est une masse informe qui peut effrayer, mais quand elles deviennent Malina, Loumia, Miloufa, Hélène, Josiane, Mira, Fatima, Cécile, elles deviennent des personnes qui prennent toute leur valeur et retrouvent leur dignité. Elles ne demandent qu'à s'intégrer, certaines sont même bénévoles dans des associations, vont dans une chorale paroissiale ou autre. Elles veulent faire leur trou ici, se poser, recommencer à vivre, pour elles mais aussi et surtout pour leurs enfants. Elles sont gentilles et reconnaissantes : Merci est un mot qui revient souvent.

Merci à elles."

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IV Conclusion  (vidéo 11)

La vice-présidente, Marie-Noëlle Correau, a conclu cette présentation du "Rapport Statistique annuel du Secours Catholique sur l'état de la pauvreté en France", en disant qu'il était important de regarder les choses en face, de prendre connaissance de la réalité (et en ce qui concerne les migrants, de la réalité, souvent cruelle, qui les a amenés à quitter leur pays pour venir chercher refuge chez-nous), si l'on veut changer de regard et agir (avec tous nos partenaires), pour accueillir et construire un monde fraternel.

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Consulter le Rapport Statistique

Voir la vidéo finale d'Amnesty International : Eye contact

Gestion de la projection des images sur grand écran : Mélanie Guillermo (animatrice)

Crédit photos ci-dessous : Léone Garnier (animatrice, responssable de la communication)

Article publié par Gérard PIQUE • Publié le Lundi 11 novembre 2019 • 1034 visites

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