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3. Quelques éléments techniques importantes à comprendre

 

Quand vous parlez du « montant médian des ressources » ou encore, du « reste à vivre médian ». Vous voulez, sans doute parler, en langage courant, de la moyenne des ressources, ou de la moyenne du reste à vivre pour les personnes qui viennent au secours catholique ?

Encore une fois, non. Pour les statisticiens, ce sont deux choses différentes, deux façons de se faire une idée simplifiée d’une réalité complexe. Supposons que dans un groupe de 11 personnes, 10 d’entre elles  gagnent 10€, et la 11ème personne 1000€. Si pour se faire une idée de la réalité de ce groupe, on recourt à la moyenne, alors on additionne tous les revenus et on divise par le nombre de personnes dans le groupe. Cela donne 10€x10 = 100€+1000€ = 1100€/11 = 110€. Vous voyez que cette moyenne bien que mathématiquement juste, donne une vision déformée de la réalité de ce groupe car on se dit qu’il y fait bon vivre puisque ses membres gagnent en moyenne 110€, alors qu’en fait 10 personnes sur 11, c’est-à-dire l’écrasante majorité, ne gagnent que 10 €.

Au contraire si on range tous les salaires par ordre croissant et qu’on prend celui du milieu, ici le 6ème, on obtient le salaire médian, c’est-à-dire qu’il y a autant de gens qui gagnent autant ou plus au‑dessus, que de gens qui gagnent autant ou moins en dessous. Notez que si la médiane, qui est de 10€, donne dans ce cas-ci une vision plus représentative de la réalité vécue du groupe, elle n’est pas parfaite pour autant car elle ne rend pas compte du fait que dans le groupe quelqu’un gagne 100 fois plus que les autres !

Pour se faire une idée de la réalité vécue, les statisticiens auront donc recours tantôt à la moyenne, tantôt à la médiane et quelques fois aux deux. Mais comme vous l’avez remarqué, le plus souvent ils utilisent le salaire médian plutôt que la moyenne des salaires.

(revoir le montant médian des ressources )

 

Pouvez-vous nous montrer l’intérêt d’utiliser plutôt la médiane que la moyenne du reste à vivre dans le cas des personnes qui viennent demander de l'aide au Secours Catholique ?

Oui, c’est très simple : si le reste à vivre médian des personnes qui viennent demander de l’aide au Secours Catholique est de 9 € par jour, cela signifie que la moitié de ces personnes ont un reste à vivre égal ou inférieur à cette somme (9€, 7€, 5€ par jour). Plus de 4 ménages rencontrés sur 10 ont un reste à vivre si bas qu’ils sont même dans l’incapacité de couvrir leurs dépenses alimentaires quotidiennes.

(revoir le reste à vivre médian )

 

Pourquoi un rapport tous les ans...

Tous les ans, le Secours Catholique publie un nouveau Rapport Statistique sur l’État de la Pauvreté en France. Quel est l’intérêt de faire cela tous les ans ?

A travers ses chiffres et ses graphiques, chaque rapport donne à ceux qui, comme on vient de le voir, savent les interpréter, une photographie instantanée de la pauvreté en France à l’instant T. Ce qui est déjà intéressant. Mais si on compare ces chiffres à ceux des années précédentes, on obtient une succession d’images, une sorte de dessin animé qui fait apparaître les évolutions de la société.

Par exemple, supposons que deux élèves aient 10 sur 20. C’est la même note pour les deux, pourtant l’un pleure et l’autre rit, pourquoi ? Parce que ces deux notes bien qu’identiques n’ont la même valeur ni la même signification pour les deux. Avant d’avoir 10, le premier élève avait eu 20, puis 15. Il pleure parce qu’il comprend qu’il est en train de dégringoler et que probablement, s’il continue comme ça, la prochaine fois il aura cinq. Le deuxième au contraire avait eu 0, puis 5. Il sourit parce qu’il comprend qu’il est en train de progresser, et il entrevoit que la prochaine fois il aura peut-être 15.

Ainsi les chiffres de chaque rapport statistique sont certes parlant en eux-mêmes, mais ils tirent leur pleine signification d’une comparaison avec les chiffres des années précédentes parce que cette comparaison permet d’entrevoir comment la situation risque d’évoluer si on continue d’agir comme on l’a fait jusqu’à présent.

 

Alors quelle évolution révèlent les chiffres de 2019 comparés à ceux des années précédentes ?

En 2018, le niveau de vie médian de l’ensemble des ménages rencontrés au Secours Catholique était de 542€, c'est à dire déjà très en dessous du seuil de pauvreté et même d’extrême pauvreté estimé à 716 €). En 2019, il n’est plus que de 537€, soit une baisse de 5€. Vous vous rendez compte de l’évolution, sur une seule année !

 

Le seuil de pauvreté...

Juste une petite question : pouvez-vous nous rappeler comment on calcule le seuil de pauvreté et d’extrême pauvreté ?

Le seuil de pauvreté, c’est-à-dire le niveau de vie en-dessous duquel une personne est considérée comme pauvre, c’est 60% du revenu médian de la population française qui est de 1790€ par mois.

Le seuil de pauvreté est donc calculé ainsi : (1790€ x 60) /100 = 1074€ par mois.

Le seuil d’extrême pauvreté, quant à lui, se situe à 40% du revenu médian de la population française, soit : (1790€ x 40) / 100 = 716€ par mois

(revoir le seuil de pauvreté)

 

 

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Article publié par Pique • Publié le Lundi 14 décembre 2020 • 110 visites
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