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Comprendre le Rapport Statistique annuel 2020 du Secours Catholique
présenté sous la forme d'une interview.

Un Rapport Statistique...

Pouvez-vous nous dire ce que c’est ?

Le Rapport Statistique annuel du Secours Catholique donne une image de la pauvreté en France.

Ce rapport a une audience qui dépasse le cadre du Secours Catholique, il est attendu et étudié de près par divers instituts et organismes d’État. Pourquoi ? Parce qu’il est élaboré avec rigueur et objectivité à partir des données récoltées sur le terrain, dans chacune de nos 105 délégations réparties sur tout le territoire national : chaque fois qu’une personne en grande difficulté vient demander de l’aide au Secours Catholique, un dossier personnel est établi qui enregistre les données concrètes et objectives des conditions de vie qui ont amené cette personne à solliciter de l’aide.

 

Quelle est l’utilité de ces données ?

Ces données sont utiles à deux niveaux :

Au niveau local et immédiat, elles permettent aux bénévoles du Secours Catholique de cerner au plus près les besoins de la personne en difficulté, et ainsi de déterminer, le plus précisément possible, la nature et la quantité d’aide à lui apporter.

Au niveau national et à plus long terme : lorsque ces données sont transmises de façon anonyme par chaque délégation au siège national du Secours Catholique à Paris, celles-ci sont reprises par des spécialistes qui en font une analyse statistique qui permet de donner une image de la pauvreté en France, sous forme de données statistiques, de chiffres, de graphiques, de pourcentages…

 

Ce rapport est-il compréhensible par tout le monde ?

Non, de même que les médecins, les juristes, les scientifiques, etc. se comprennent entre eux dans un langage qui leur est spécifique et qui est incompréhensible au commun des mortels, de même les données du Rapport Statistique ne sont pas directement abordables par monsieur ou madame tout le monde. C’est pourquoi lorsque ce rapport est publié, chaque délégation qui le reçoit, étudie la meilleure façon d’en transmettre l’essentiel à tous ceux qui sont concernés ou qui s’intéressent au problème de la pauvreté, à commencer bien sûr par les bénévoles du Secours Catholique.

Pour ce faire, la Délégation Nord-Cambrai a, jusque maintenant, testé chaque année des formules différentes : conférences, cafés-débats, ateliers, groupes de sensibilisation. Autant d’activités en présentiels qui sont devenues impossibles à réaliser à cause de la crise sanitaire. D’où le recours, cette année, aux médias et en particulier aux radios locales, pour diffuser le message.

 

Les ménages...

Alors pouvez-vous donner quelques exemples de données statistiques qui ne sont pas évidentes à comprendre pour le commun des mortels ?

Et bien par exemple, une donnée importante qui intervient souvent dans les données statistiques, c’est le  budget des « ménages ». Ce terme est d’autant plus important à comprendre que le Secours Catholique a réalisé cette année, en plus du rapport statistique sur la pauvreté en France, une étude statistique spécifique sur le budget des ménages.

 

Mais tout le monde sait bien ce que c’est qu’un ménage ?

Justement oui et non, d’où une confusion et une incompréhension possible. Dans le langage courant, pour constituer un ménage, il faut au minimum deux personnes, un homme et une femme, avec éventuellement un ou plusieurs enfants. Mais pour les statisticiens, un ménage ce sont toutes les personnes qui vivent sous le même toit et qui gèrent un budget en commun. Cela peut être tout aussi bien une famille traditionnelle qu’une famille monoparentale, ou même une seule personne.

 

Les ressources disponibles...

Y a-t-il d’autres données statistiques importantes à comprendre pour appréhender la réalité de la pauvreté en France et en particulier en ce qui concerne le budget des ménages.

Oui, le rapport statistique aborde de multiples aspects de la pauvreté, mais le budget des ménages est une façon pertinente et abordable de donner un aperçu de ce qu’est la pauvreté. Alors le premier concept par lequel il faut commencer pour comprendre le budget des ménages et le rôle qu’il joue dans la pauvreté, c’est celui de « ressources disponibles ». Les ressources disponibles, c’est l’argent qui rentre dans le foyer sous la forme d’un salaire pour ceux qui ont la chance de travailler, d’une allocation chômage pour les autres, d’une retraite, des loyers perçus, etc

 

En quoi ce premier concept permet-il déjà de comprendre ce qu’est la pauvreté ?

Et bien par exemple les familles monoparentales sont celles qui dépendent le plus des prestations sociales, et plus il y a d’enfants, plus il est difficile à un parent seul d’occuper un emploi tout en élevant ses enfants. Le revenu disponible des familles monoparentales est donc souvent plafonné à leurs prestations sociales. Un autre exemple encore plus flagrant où le revenu disponible est handicapant dès le départ et même totalement disqualifiant : c’est le cas des migrants en situation irrégulière, ils n’ont droit à aucune prestation sociale et ils n’ont pas le droit de travailler. Alors comment faire ? Leur revenu disponible est nul.

 

Les dépenses pré-engagées...

Mais ceux qui viennent demander de l’aide au Secours Catholique ne sont pas  tous des migrants, les autres ont un revenu disponible dont ils peuvent donc disposer comme ils veulent ?

Justement non, le terme « disponible » est trompeur car du revenu disponible il faut soustraire d’emblée ce que les statisticiens appellent les « dépenses pré-engagées ». Ce sont les dépenses non négociables qui résultent d’un engagement à long terme, par exemple l’eau, le gaz, l’électricité, le téléphone, et surtout le loyer. Ainsi pour les personnes qui viennent demander de l’aide au Secours Catholique, le montant médian de leurs dépenses pré-engagées s’élève à 604€, soit 56% du montant médian de leurs ressources disponibles.

 

Pouvez-vous donner un exemple qui montre l’impact des dépenses pré-engagées sur des gens qui sont déjà en situation précaire ?

Oui, prenons l’exemple d’un couple de retraités dont les deux petites retraites cumulées leur permettent de payer leur loyer. Quand l’un d’eux décède, il n’y a plus qu’une seule retraite sur laquelle payer le loyer, qui lui n’a pas changé. C’est comme si le loyer avait doublé d’un seul coup, et cela (ajouté à la douleur de perdre un être cher et la difficulté de devoir s’habituer en à vivre seul) peut entrainer quelqu’un dans la spirale de la pauvreté, voire de la grande pauvreté.

 

Les dépenses contraintes...

Alors après avoir retranché les dépenses pré-engagées, soit 56% de leurs ressources disponibles, il leur reste encore 44% de leurs ressources de départ pour faire ce qu’ils veulent ?

Non, car il faut encore retrancher ce que les statisticiens appellent les « dépenses contraintes ». Ce sont toutes les dépenses qui ne résultent pas d’un engagement à long terme mais qui sont quand même des dépenses inévitables et souvent imprévisibles, par exemple le coût pour aller au travail ou faire les courses, pour remplacer le portable qu’on vient de vous voler ou pour se faire soigner quand on est malade... Quand on déduit encore toutes ces dépenses, qu’on n’a pas choisies, on obtient ce que les statisticiens appellent le « reste à vivre », qui représente 35 % de leurs faibles ressources. Un reste à vivre dont certains disent qu’il serait plus juste de l’appeler reste à survivre. Car le reste à vivre médian des personnes qui viennent demander de l’aide au secours catholique est de 160€ par mois, soit 9€ par jour. Que voulez-vous faire avec ça ? C’est  à peine de quoi se nourrir !

 

Revenu Médian ou Moyenne des revenus...

Quand vous parlez du « montant médian des ressources » ou encore, du « reste à vivre médian ». Vous voulez, sans doute parler, en langage courant, de la moyenne des ressources, ou de la moyenne du reste à vivre pour les personnes qui viennent au secours catholique ?

Encore une fois, non. Pour les statisticiens, ce sont deux choses différentes, deux façons de se faire une idée simplifiée d’une réalité complexe. Supposons que dans un groupe de 11 personnes, 10 d’entre elles  gagnent 10€, et la 11ème personne 1000€. Si pour se faire une idée de la réalité de ce groupe, on recourt à la moyenne, alors on additionne tous les revenus et on divise par le nombre de personnes dans le groupe. Cela donne 10€x10 = 100€+1000€ = 1100€/11 = 110€. Vous voyez que cette moyenne bien que mathématiquement juste, donne une vision déformée de la réalité de ce groupe car on se dit qu’il y fait bon vivre puisque ses membres gagnent en moyenne 110€, alors qu’en fait 10 personnes sur 11, c’est-à-dire l’écrasante majorité, ne gagnent que 10 €.

Au contraire si on range tous les salaires par ordre croissant et qu’on prend celui du milieu, ici le 6ème, on obtient le salaire médian, c’est-à-dire qu’il y a autant de gens qui gagnent autant ou plus au‑dessus, que de gens qui gagnent autant ou moins en dessous. Notez que si la médiane, qui est de 10€, donne dans ce cas-ci une vision plus représentative de la réalité vécue du groupe, elle n’est pas parfaite pour autant car elle ne rend pas compte du fait que dans le groupe quelqu’un gagne 100 fois plus que les autres !

Pour se faire une idée de la réalité vécue, les statisticiens auront donc recours tantôt à la moyenne, tantôt à la médiane et quelques fois aux deux. Mais comme vous l’avez remarqué, le plus souvent ils utilisent le salaire médian plutôt que la moyenne des salaires.

 

Pouvez-vous nous montrer l’intérêt d’utiliser plutôt la médiane que la moyenne du reste à vivre dans le cas des personnes qui viennent demander de l'aide au Secours Catholique ?

Oui, c’est très simple : si le reste à vivre médian des personnes qui viennent demander de l’aide au Secours Catholique est de 9 € par jour, cela signifie que la moitié de ces personnes ont un reste à vivre égal ou inférieur à cette somme (9€, 7€, 5€ par jour). Plus de 4 ménages rencontrés sur 10 ont un reste à vivre si bas qu’ils sont même dans l’incapacité de couvrir leurs dépenses alimentaires quotidiennes.

 

Finalement...

Alors au bout du compte, que ressort-il de tous ces chiffres et de tous ces concepts ?

Que pour toutes ces personnes, chaque jour est une lutte pour minimiser les privations pour les enfants, quitte à ne pas manger soi-même. Chaque jour est une lutte pour supporter le poids des préjugés, pour éviter les impayés qui peuvent faire plonger dans l’endettement ou mener à une expulsion. Pour affronter toutes ces difficultés, il faut apprendre à gérer son maigre budget, souvent recourir à la débrouille, mais aussi faire preuve d’un courage et d’une persévérance exceptionnelle pour ne pas sombrer...

 

Pourquoi un rapport tous les ans...

Tous les ans, le Secours Catholique publie un nouveau Rapport Statistique sur l’État de la Pauvreté en France. Quel est l’intérêt de faire cela tous les ans ?

A travers ses chiffres et ses graphiques, chaque rapport donne à ceux qui, comme on vient de le voir, savent les interpréter, une photographie instantanée de la pauvreté en France à l’instant T. Ce qui est déjà intéressant. Mais si on compare ces chiffres à ceux des années précédentes, on obtient une succession d’images, une sorte de dessin animé qui fait apparaître les évolutions de la société.

Par exemple, supposons que deux élèves aient 10 sur 20. C’est la même note pour les deux, pourtant l’un pleure et l’autre rit, pourquoi ? Parce que ces deux notes bien qu’identiques n’ont la même valeur ni la même signification pour les deux. Avant d’avoir 10, le premier élève avait eu 20, puis 15. Il pleure parce qu’il comprend qu’il est en train de dégringoler et que probablement, s’il continue comme ça, la prochaine fois il aura cinq. Le deuxième au contraire avait eu 0, puis 5. Il sourit parce qu’il comprend qu’il est en train de progresser, et il entrevoit que la prochaine fois il aura peut-être 15.

Ainsi les chiffres de chaque rapport statistique sont certes parlant en eux-mêmes, mais ils tirent leur pleine signification d’une comparaison avec les chiffres des années précédentes parce que cette comparaison permet d’entrevoir comment la situation risque d’évoluer si on continue d’agir comme on l’a fait jusqu’à présent.

 

Alors quelle évolution révèlent les chiffres de 2019 comparés à ceux des années précédentes ?

En 2018, le niveau de vie médian de l’ensemble des ménages rencontrés au Secours Catholique était de 542€, c'est à dire déjà très en dessous du seuil de pauvreté et même d’extrême pauvreté estimé à 716 €). En 2019, il n’est plus que de 537€, soit une baisse de 5€. Vous vous rendez compte de l’évolution, sur une seule année !

 

Le seuil de pauvreté...

Juste une petite question : pouvez-vous nous rappeler comment on calcule le seuil de pauvreté et d’extrême pauvreté ?

Le seuil de pauvreté, c’est-à-dire le niveau de vie en-dessous duquel une personne est considérée comme pauvre, c’est 60% du revenu médian de la population française qui est de 1790€ par mois.

Le seuil de pauvreté est donc calculé ainsi : (1790€ x 60) /100 = 1074€ par mois.

Le seuil d’extrême pauvreté, quant à lui, se situe à 40% du revenu médian de la population française, soit : (1790€ x 40) / 100 = 716€ par mois

 

Le Secours Catholique et l'INSEE...

En parcourant votre Rapport Statistique, j’ai vu que vous publiez aussi un entretien du Secours Catholique avec Thomas Piketty qui travaille à l’INSEE, c’est-à-dire, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques. Pourquoi avez-vous sollicité cet entretien avec lui et pourquoi a-t-il accepté de vous rencontrer ? Après tout, ne faites-vous pas le même travail : analyser des données statistiques ?

Précisément, nous faisons le même travail, nous analysons des données statiques, mais ce ne sont pas les mêmes données. En effet les données que l’INSEE récolte pour faire ses analyses statistiques concernent l’ensemble de la population française, alors que nos données concernent exclusivement cette partie très pauvre de la population qui passe habituellement sous les radars de L’INSEE, car ce sont par exemple des migrants en situation irrégulière, qui n’ont aucun statut légal et qui donc pour l’administration n’existent pas, ou encore des gens qui ont disparu des radars parce qu’ils vivent dans la rue, et d’autres pour d’autres raisons encore...

 

Alors quel est l’intérêt d’une telle rencontre et d’un tel échange ?

L’intérêt pour un membre de l’INSEE de nous rencontrer et d’étudier notre rapport, c’est de compléter leur vision de la société française en y incorporant la nôtre. Et l’intérêt pour le Secours Catholique, c’est d’avoir une vision plus vaste du problème de la pauvreté en l’intégrant dans une vision plus large de la société française.

 

L'accroissement des inégalités...

Alors justement, parmi les questions que vous lui avez posées, j’ai relevé celle-ci :

« En observant les revenus et les dépenses des ménages rencontrés par le Secours Catholique, on constate que leur niveau de vie stagne, voire régresse depuis 10 ans. Retrouve-t-on une même évolution dans le reste de la population ? »

Pouvez-vous nous résumer ce qu’il vous a répondu ?

Il nous a répondu globalement

  • que le revenu moyen en France a connu une croissance très réduite au cours des 10 dernières années,
  • mais que tout en bas de l’échelle sociale, on n’a aucune hausse, donc on a un décrochage des plus pauvres,
  • alors que dans le même temps, au sommet de l’échelle sociale, le taux de croissance est bien supérieur à celui du revenu moyen : si l’on en croit le classement du magazine Challenges des milliardaires 2020, les 500 plus grosses fortunes de France qui valaient 200 milliards d’euros cumulés en 2010, soit 10 % du PIB de l’époque, valent aujourd’hui 700 milliards d’euros, soit 30 % du PIB. Cela représente un gain de 500 milliards d’euros en dix ans

Bref on voit qu’il y a, non pas une réduction, mais un accroissement des inégalités sociales. Ainsi par exemple, nous a-t-il dit, nos gouvernants, tout en s’opposant à une augmentation du RSA, ont réduit l’impôt sur la fortune. Et Thomas Piketty voit derrière tout ça une idéologie sous-jacente qui vise à refuser de réduire les inégalités sociales parce que ses partisans pensent que les inégalités sont un moteur de l’économie. En  effet, selon eux, ceux qui sont en haut de l’échelle sociale veulent à tout prix s’élever le plus haut possible au-dessus des autres, et ceux qui sont en bas font tout ce qu’ils peuvent pour les rattraper.

Un problème structurel de fond...

Alors quelle leçon tire-t-il de tout ça ?

Il pense, comme le Secours Catholique, que si toutes les mesures sociales qu’ont décidé les gouvernements successifs pour aider les plus pauvres, n’ont pas réussi à empêcher les inégalités de se creuser d’année en année, c’est qu’il y a un problème structurel de fond qui gangrène la situation sociale de notre pays, même si c’est probablement l’un des pays au monde qui a le meilleur système d’accompagnement social.

 

Que faire ?...

Alors que propose le Secours Catholique ?

Le Secours Catholique réclame de relever les minima sociaux et surtout promeut, avec d’autres, un revenu minimum garanti qui serait accessible dès 18 ans, sans condition de ressources, à toute personne en situation régulière. Son montant correspondrait à 50 % du revenu médian (soit 893€ en 2020). Il serait inaliénable et non plus conditionné par une recherche active d’emploi, et automatisé c’est-à-dire non soumis à une demande préalable de ceux qui y auraient droit.

 Et qu’en pense Thomas Piketty ?

Il soutient cette proposition à condition de l’inscrire dans une politique globale de réduction des inégalités. Selon lui, on ne peut pas se limiter à une mesure purement monétaire. S’attaquer aux inégalités, c’est réfléchir à une transformation d’ensemble de notre système économique et social, notamment des rapports de pouvoir. Il explique que depuis le début des années 1990 et la chute du communisme, on a enfermé le débat économique dans l’idée qu’il n’y a pas vraiment d’alternative possible, que le capitalisme inégalitaire est le seul système économique possible. Thomas Piketty insiste, au contraire, sur la diversité des systèmes possibles. Il dit qu’il faudrait réfléchir à un système alternatif au système actuel qui, tout en étant nouveau, pourrait s’appuyer sur des choses qui ont fonctionné, en partie, dans les modèles expérimentés au cours du 20e siècle.

Est-ce que Thomas Piketty a une idée d’un système alternatif possible ?

Oui, il pense, entre autres, à un socialisme participatif. Toutefois il faut bien comprendre ce que cela veut dire. En effet, le mot « socialisme » est un mot piégé politiquement car dans l’esprit des français, il est associé à la doctrine politique d’un parti politique, le parti socialiste, situé à gauche… Mais dans la bouche de Thomas Piketty, il ne s’agit pas d’un socialisme politique situé à gauche ou à droite de l'échiquier politique, il s'agit d’un socialisme social et même sociétal, c’est-à-dire qu’il vise à transformer les rapports des individus entre eux et aussi leur façon de former une société.

Le Secours Cqatholique adhère-t-il à cette idée d'un socialisme participatif ?

Le Secours Catholique lutte pour construire une société fraternelle où chacun trouve sa place, une place où sa dignité est respectée, où ses besoins sont légitimement reconnus, où ses compétences et ses talents sont encouragés et mis à contribution pour qu’il puisse participer à la vie de la communauté.

C’est la seule façon d’éradiquer durablement la pauvreté.

 

Un triple appel...

Tout cela est très intéressant et suscite la réflexion. Mais dans l’immédiat et de façon très concrète, quelle suite le Secours Catholique entend-il donner à la publication de ce Rapport Statistique sur l’État de la Pauvreté en France ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le Secours Catholique met un an pour traiter et analyser les données récoltées au cours de l’année précédente. C’est pourquoi ce rapport publié fin 2020 traite de l’année 2019. Il ne tient donc pas compte de la pandémie qui sévit depuis le début de cette année et qui se répand actuellement de façon exponentielle. Les médias nous montrent quotidiennement les répercussions sociaux-économiques qu’elle a sur la vie de tout le monde. On peut imaginer son impact sur la vie des plus pauvres et des plus fragiles qui, comme d’habitude, sont ceux qui souffrent le plus quand les choses vont mal.

C’est pourquoi, suite à la publication de ce rapport, le Secours Catholique lance un triple appel :

  • Tout d’abord un appel à changer de regard sur ceux que nous étiquetons « les pauvres ». Ce rapport doit nous aider à mieux comprendre ce qu’ils vivent et à réaliser que nous sommes tous fragiles et que du jour au lendemain, un deuil, un accident, la perte d’un emploi, peut nous faire basculer et sombrer dans la pauvreté. 
  • Ensuite un appel à bénévolat : Que croyez-vous que les personnes accueillies viennent chercher en priorité au Secours Catholique ? De la nourriture, des vêtements, une aide financière ? Ils viennent bien sûr pour cela, mais tous les témoignages et tous les sondages révèlent la même chose : Ils viennent, avant tout, dans l’espoir de trouver quelqu’un, quelqu’un à qui parler, quelqu’un qui saura les écouter avec ses oreilles et avec son cœur, quelqu’un qui leur rendra ainsi leur dignité d’homme et de femme.

Le Secours Catholique a besoin de tous les talents. Chacun a quelque chose que lui seul sait faire et peut apporter. C’est à travers ses bénévoles que le Secours Catholique peut tendre la main à ceux qui ont besoin d’aide. Venez nous rejoindre

  • Enfin un appel aux dons : Le Secours Catholique ne reçoit aucune subvention de l’État. Sa  seule source de revenu, ce sont vos dons. Or vous savez bien que l’argent est le nerf de la guerre. Tous vos dons sont intégralement utilisés et sont nécessaires pour aider les personnes en difficulté, avec pour but ultime de leur redonner leur autonomie, la capacité de reprendre leur vie en main, de contribuer au bien commun et de retrouver leur place dans la société.

Et tout cela n’est possible qu’avec le soutien de vos dons.

Pour donner maintenant, cliquez ici !

 

Pour mémoire :

Pour les dons réalisés au profit d’associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté, le taux de réduction d'impôt est porté à 75 % depuis 2006 (loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005, art. 127), dans la limite d'un montant revalorisé chaque année, soit 552 euros pour les dons versés en 2020.

 

L'essentiel : pour voir en images et en 3 mn l'esentiel sur l' État de la pauvreté en France  Chômage, personnes âgées, femmes, logement... le Secours Catholique vous ropose cette petite viéo:

 

Article publié par Pique • Publié le Mardi 10 novembre 2020 • 280 visites
"La terre doit être l'enfer d'une autre planète" Aldous Huxley

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